Le carnaval d'Oruro : récit d'un détour en or au 2ème + grand carnaval latino-américain
- Blogoculaire

- 16 févr.
- 14 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 févr.
Intro
À 3 700 mètres d’altitude, au cœur de l’Altiplano bolivien, Oruro est une ville minière sans charme particulier de 400 000 habitants environ. Pourtant, une fois par an, autour de février / mars selon les années (en même temps que tous les carnavals du monde), elle devient le lieu de ralliement de toute une nation, et bien au-delà.
Pendant plus de vingt heures ininterrompues, sur 2 jours d’affilée (samedi et dimanche, cf détail des festivités + bas dans l'article), 28 000 danseurs et 10 000 musiciens, 52 ensembles folkloriques appelés fraternidad (ensembles mêlant danseurs et musiciens) et + de 400 000 spectateurs transforment ses avenues en une explosion de costumes somptueux aux couleurs châtoyantes, aux mélodies entêtantes et aux danses envoûtantes dans une ambiance survoltée.
C’est le Carnaval d’Oruro, le deuxième plus grand carnaval d’Amérique du Sud après celui de Rio de Janeiro en terme de fréquentation, et classé au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO depuis 2008.
Un spectacle sublime, à vivre au moins une fois dans sa vie, que je tente ici de raconter, avec des mots mais aussi en photos et en vidéos (les vidéos sont à la fin de l'article)
Une fête ancienne, née de la mine
Oruro est une ville façonnée par les mines d’étain et d’argent, celles-ci assurant aujourd'hui encore une part importante de ses revenus.
C’est d’ailleurs des entrailles de la mine du Socavón qu’est originaire le carnaval.
Initialement, largement avant l’arrivée des conquistadores espagnol, le carnaval rendait hommage au Tio - divinité des profondeurs, à la fois diable, protecteur et bourreau, notamment appréciée des mineurs, qui lui font des offrandes pour qu’il leur laisse la vie sauve – et à la Pachamama, la Terre-Mère.
Puis ensuite, par syncrétisme et en ajoutant la dévotion catholique, le Carnaval a également commencé à rendre hommage à la Vierge du Socavón, la vierge de la mine (incarnée depuis 2013 par une immense statue de 45 mètres de haut et 1 500 tonnes, qui domine la ville d’Oruro).
Dans sa forme actuelle, le carnaval remonte à au moins un siècle, la fraternité la + ancienne remontant à 1904 par exemple (la Tradicional Autentica Diablada Oruro)
Les danses et chansons emblématiques du Carnaval
Tout au long des défilés, on peut admirer 18 danses traditionnelles distinctes, typiques notamment de l’altiplano andin peruano bolivien. Chaque fraternidad en danse une en particulier.
Voici une présentation des principales :
La Diablada, symbole du combat entre le bien et le mal, héritage des cultes miniers, reste la danse reine du carnaval.
Plusieurs personnages y sont représentés, comme les jukumaris, les ours andins, qui jouent les médiateurs entre l’Archange Michel cherchant à guider les diables et diablesses tentatrices (aux masques surprenants) vers la Vierge.
Au passage des jukumaris, le public hurle en chœur « Oso, oso » (ours, ours) et c’est clairement l’un des personnages les + attendus du carnaval.
Les Morenadas, danse à pas lent évoquant la démarche des esclaves africains et leurs chaînes au pied, les masques aux yeux exorbités et à la langue tirée évoquant leur épuisement, accompagnés de personnages de cholitas et chinas morenas sensuelles (vêtues d’un chapeau blanc et d’un masque noir, et de manière + ou – courte et décolletée et chaussures méga compensées selon si elles sont célibataires ou mariées !), de majordomes espagnols à redingote, barbe et pipe ou encore le personnage du Turril avec son costume cylindrique en forme de tonneau de vin.
Elle est représentée par 7 grandes fraternités, dont la Morenada Central de Oruro, la + célèbre.
Les Caporales, nés + récemment (en 1969), danse issus des esclaves africains partis à la recherche de zones moins froides que les Andes, danse de la séduction entre de jeunes et fiers hommes martelant le sol de leurs bottes et des femmes en chemisier.
Evolution des mœurs oblige, depuis peu certains groupes de femmes portent aussi des pantalons. Parmi les + célèbres, citons la prestigieuse fraternité des Caporales San Simon, de l’université San Simon de Cochabamba.
Les Pujllay, danse originaire de Tarabuco (vers Sucre), illustrant le renouveau de la vie et l’abondance amenée par les pluies, et la résistance face au colon espagnol, avec des danseurs chaussés d’instruments de torture : des sortes de sabots en bois équipés derrière le pied d’une sorte de roue métallique
Les Sayas , danse et rythmes afroboliviens venant notamment de la région des Yungas (2 fraternités les représentent seulement), originairement issu des esclaves africains amenés dès le 15ème siècle pour travailler dans les mines.
Les Tinkus, danse aérienne, simulacre de combats rituels martiaux précolombien
Les Llameradas : danse d’origine aymara, référence à la culture de l’élevage de lama (llama en espagnol) dans l’altiplano, les danseurs reproduisant les gestes des bergers en faisant claquer leur fronde et en soufflant dans leur sifflet, et étant vêtus d'une montera (coiffe).
Des costumes faits sur mesure chaque année
A noter que les sublimes costumes, masques et broderies portés par les danseurs tout au long du carnaval sont faits main, et confectionnés chaque année minutieusement pendant de nombreux mois grâce au savoir faire des artisans locaux, souvent transmis de père en fils. Plumes, paillettes, perles et velours sont couramment utilisés. Ces costumes ne sont portés que pendant 2 jours, chaque costume n’ayant vocation qu’à être utilisé pendant une édition.
Compte tenu du très long travail nécessité par chaque costume, ils ont un coût non négligeable également, assumé par le danseur : plusieurs centaines d’euros. Sans compter le poids de ces costumes : ils peuvent parfois peser jusque 25 kilos… et les porter pendant 20 heures d’affilée peut donc s’apparenter à une épreuve de torture… bref, il faut être motivé, et on ne s’engage pas sur un coup de tête à participer au carnaval d’Oruro !
Si vous voulez aller voir les boutiques ou vous acheter un costume ou accessoire, rendez-vous calle La Paz! J'y ai pour ma part acheté une matraqua, cet instrument qui m'a intrigué pendant tout le carnaval, faisant un bruit si particulier de crécelle / cigale en le tournant autour de lui-même grâce à une sorte de manivelle, souvent en forme de quirquincho, animal en voie de disparition, anciennement utilisé empaillé pour en faire l'instrument, et désormais interdit (mais malheureusement l'interdiction n'est pas respectée partout et certaines fraternidades continuent d'utiliser de vrais animaux empaillés) - mais aussi parfois avec d'autres formees, comme celle d'un camion (pour les fraternidades de routiers)
Qu'est-ce qu'on écoute?
Parce qu’il faut évidemment de la musique pour danser, les fanfares, parfois constituées de centaines de musiciens (notamment tambours, cymbales, instruments à cuivre comme trompettes, cors...) jouent pendant des heures, pour accompagner les danseurs, des airs que tous les boliviens connaissent par cœur et chantent à tue tête, interprétés de manière différente selon la danse qui l’accompagne.
Parmi eux, les célébrissimes Cecilia, Saya Sensual, Amor Joven, Cholitas Bonitas.
Et même une chanson qui vous rappellera indiscutablement la Lambada…
Normal, puisque Llorando se fue, tube bolivien de 1982 du groupe bolivien Kjarkas, c’est précisément la chanson qui a ensuite été plagiée par un escroc français sans vergogne pour en faire La Lambada (interprétée par le groupe Kaorma), LE tube de l’été 1989, qui a inondé les ondes planétaires le temps de quelques mois (250 passage sur TF1 cet été là, tout de même!!) et qui a été utilisé pour les pub Orangina. Et comme heureusement il y a parfois un peu de justice, les Kjarkas ont gagné leur procès en 1990 et ont ainsi pu toucher les royalties dûes, 6 millions de francs !
Fait insolite, chaque ensemble (conjunto) est accompagné par une voiture qui ouvre le cortège, dans laquelle se trouve le président de la fraternidad, avec dessus la vierge du Socavon mais aussi de l’argent véritable (des assiettes notamment) et parfois de l’or, ce qui fait qu’il y a systématiquement des gardes du corps pour les protéger aussi. Elles représentent une protection symbolique du cortège, l’affichage de la dévotion, et permettent d’identifier chaque fraternidad.
En 2025, le groupe Nansana Kids, composé de jeunes garçons & adolescents originaires d'Uganda et rendus célèbres sur Tik Tok notamment grâce à leurs pas de danse, a participé au Carnaval de Oruro. Un rêve devenu réalité pour ces jeunes admirateurs des danses boliviennes venus de loin.
Conseils pratiques
D’où voir le Carnaval ?
Les 4 km de parcours sont quasiment tous équipés de graderias (gradins)
Les meilleurs emplacements étant la Plaza Principal, l’Avenida 6 de Agosto ainsi que l'Avenida Civica. Compter environ l'équivalent de 100 euros environ pour une place pour 2 jours à l'un de ces emplacements.
Le mieux pour vous les procurer est de le faire en ligne (sur des sites recommandés officiels), quelques semaines avant.
Ou mieux encore, de rejoindre le groupe Whatsapp crée par plusieurs boliviens (dont Will) souhaitant faire vivre une expérience unique et authentique aux touristes (numéro sur demande via le formulaire de contact). L’idée étant d’éviter de vous faire arnaquer (car comme tout évènement brassant des hordes de touristes, il y a de très nombreuses arnaques).
Mais attention : pensez à arriver tôt, car les emplacements ne sont pas numérotés, et se remplissent vite dès le matin!
Pour les budgets les + réduits, il est également possible de voir le défilé sans payer (notamment en hauteur près de l’église, à la fin du parcours, lorsque les dévots avancent à genoux vers la Vierge du Socavon), mais ne serait-ce que pour pouvoir s’assoir un peu – et se protéger de la pluie, qui s’invite très souvent à la fête (saison des pluies oblige), ça vaut le coup si vous le pouvez d’avoir une place en gradin (et on voit quand même mieux).
Je vous conseille d’aller dans tous les cas vous promener vers l’église du Socavon : comme c’est le lieu d’arrivée du parcours, c’est très sympa de voir l’envers du décors, avec les danseurs et musiciens qui se relaxent entre eux dans une ambiance festive, après avoir défilé, le costume enlevé etc…J’y ai été le dimanche, et j’ai adoré l’ambiance !
Comment se rendre à Oruro?
Attention : les bus sont BLINDÉS le vendredi au départ des + grandes villes de Bolivie vers Oruro… et encore pire évidemment le lundi au départ d’Oruro… car en Bolivie, les billets sont vendus pour le jour même uniquement, et rarement en ligne…
Très pratique, car cela leur permet de faire un yield management en guichet, en vendant les billets pendant le Carnaval jusque 5 fois + cher que le prix habituel !
De La Paz, il peut être pas mal de prendre le téléphérique et partir del Alto du coup pour gagner du temps (ce que j’ai fait car le terminal de La Paz était blindé)
Au retour, le lundi… rendez vous le + tôt possible le matin à la gare routière pour vous mettre dans les files d’attente !
Et privilégiez clairement les entreprises renommées en Bolivie, notamment Trans Copacabana ou Nacer.
Je vous conseille vraiment d’arriver au + tard vendredi soir, et de ne pas repartir avant le lundi matin. Déjà pour en profiter un max, mais aussi pour limiter les risques en bus…
Se loger
Pour le logement, là encore la ville étant toute petite, il n’y a que très peu de logements disponibles pendant le Carnaval. Pas du tout assez d’hôtels ou Airbnb pour accueillir les hordes de touristes. Des infrastructures ne correspondant pas aux critères habituels de confort des touristes gringos et européens. Mais proposés à des prix délirants, loi de l’offre et la demande oblige.
Evitez à tout prix l’ignoble auberge de jeunesse Backpackers Oruro B&B, j’en suis encore traumatisée tellement la chambre, les sanitaires, le petit déjeuner étaient abominables (coucou les 3 toilettes / douches pour 80 personnes à base de toilettes bouchées etc) pour un prix qui devait s’élever à 10 fois le prix habituel pour un hostal de ce type.
Privilégiez du coup des locations d’appart / chambres partagées avec d’autres touristes. Là encore, le groupe Whatsapp initié par le génial Will vous permettra d’en trouver, grâce à des plans safe et garantis sans arnaque ! Contactez moi via le formulaire si vous souhaitez ses coordonnées!
Boire (et manger)
Soyons honnêtes : le carnaval d'Oruro, c'est une grande beuverie à ciel ouvert ;)
Du coup, vous trouverez essentiellement des boissons destinées à vous bourrer la gueule, à base de mélange fait dans des bouteilles en plastique partagés entre potes...
Notamment le singani (aguardiente de raisin local) souvent mélangé à du Sprite, ou parfois mélangé à du lait, de la cannelle et de la vanille pour en faire un « leche de tigre », un cocktail bolivien, à ne pas confondre avec le leche de tigre péruvien (la sauce du ceviche, mélange de jus de citron parfumé par le poisson, piments, oignons, coriandre, qui reste du ceviche)
Bien sûr pour les + classiques, vous trouverez de la bière (il y a même des Coronitas, le nom des Corona en Amérique Latine)
Pour manger, c’est un peu comme le logement : vous n’êtes pas là pour un séjour gastronomique… déjà que de manière générale, la gastronomie bolivienne est loin d’être la meilleure de la région… surtout quand on la compare à la délicieuse gastronomie péruvienne ! Du coup, contexte festif et foule oblige, ce sera donc street food vraiment basique. Testez les saltenas si vous le pouvez (des empanadas remplies de bouillon) et la sopa de mani (soupe à base de cacahuète). Ou l'un des nombreux morceaux de viande en train de griller dans la rue (impressionnant, d'ailleurs).
Et si vous le pouvez, allez bruncher ou déjeuner chez Typica (la chaine de café / resto healthy que les Français adorent) au moins une fois.
Dans tous les cas, si vous avez prévu d'aller en Bolivie en février / mars, arrangez-vous pour vivre ce carnaval incroyable, vous en prendrez plein les mirettes et serez impressionné par la richesse des cultures & traditions et savoir-faire précolombiens et cet exemple flagrant de syncrétisme avec la religion catholique.
Déroulé des festivités du carnaval d'Oruro
Bien que les 2 jours les + connus soit juste le week end, tout commence 40 jours avant Pâques, lors du Primer Convite. Dans l’église du Socavón, les danseurs font une promesse solennelle à la Vierge : ils s’engagent à danser pour elle pendant trois années consécutives.
Une semaine avant le carnaval, le dimanche précédent a lieu l'Ultimo Convite, répétition générale où costumes, fanfares et fraternités prennent possession des rues.
Puis vient le jeudi de l’Anata Andina, défilé des communautés rurales en costume tradictionnel célébrant les récoltes (très proche des défilés auxquels j’avais assisté à la Fiesta de la Virgen de la Candelaria de Puno – les 2 évènements ayant de très nombreuses similitudes)
Le vendredi, c’est le « Viernes de Ch’alla » (ch'alla étant synonyme d'offrande) : on bénit entreprises, mines et commerces à grands flots d’alcool, de confettis et d’offrandes à la terre. Pour les adultes actifs, c’est un moment de convivialité entre collègues, lors d’un déjeuner autour d’un feu au bureau. Pour les enfants et adolescents, c’est l’occasion de déambuler dans toute la ville en faisant une bataille de mousse géante (si vous n’avez pas envie de vous en prendre, évitez par exemple de vous promener dans le centre de la Paz!
Puis arrivent les 2 jours les + importants (les 2 qui réunissent de loin le + de monde) :
Samedi : le pèlerinage des diables
Le samedi est le jour sacré. Dès 6 heures du matin, les fraternités s’élancent pour un parcours de quatre kilomètres bordé de gradins. Pendant plus de vingt heures, sans boire (d’alcool), sans retirer leurs masques, les danseurs avancent au rythme des fanfares, portant des costumes de 25 kilos parfois, brodés d’or, d’argent et de fil de Milan. Sport !!
Leur parcours se termine à l’église du Socavón, où ils entrent à genoux, vers 2-3 heures du matin. On dit que beaucoup pleurent et certains s’effondrent d’émotion (l'épuisement peut jouer aussi...)
Dimanche : le monde à l’envers
Le dimanche, l’église est fermée. Plus de pèlerinage, plus d’interdits.
Les masques tombent, la bière coule, la mousse vole. Le carnaval redevient païen, charnel, bruyant. Le public peut descendre au centre et danser avec les musiciens et danseurs, dans un joyeux méli mélo de fraternités, spectateurs locaux et étrangers. Le tout avec beaucoup, beaucoup de singani (sorte d’aguardiente local, qui coule à flot pendant tout le carnaval…)
Les Carnavals finissent bien (en général)...
Malgré le caractère éminemment festif du carnaval, plusieurs drames s’y produisent presque chaque année…
En 2025, lorsque j’y ai assisté, 2 accidents de bus ont ainsi fait près de 80 morts. Avec les mêmes causes que la majorité des accidents de bus - très fréquents - en Bolivie : des routes de montagne très dangereuses (et encore plus en pleine saison des pluies), des chauffeurs surmenés enchainant parfois + de 10 heures de conduite sans pause et sans remplaçant, conduisant parfois en état d’ébriété (après avoir profité du carnaval )…
Le + énervant étant d’entendre les Boliviens, en fervents catholiques, considérer ces accidents comme une fatalité contre laquelle on ne peut pas lutter, à part en priant le Seigneur… Solution qui me convainc beaucoup moins que le déploiement d’ éthylotests avant chaque départ de bus, le respect de durée et conditions de travail - avec systématiquement deux chauffeurs qui se relaient sur de longs trajets.
En 2025, une histoire insolite et amusante s’est produite pendant le Carnaval, relayée par toute la presse locale. Et qui n’est pas sans rappeler une scène amusante du film brésilien L’agent secret version jambe poilue. Un doigt a en effet été retrouvé accroché sur une structure métallique d’un gradin du Carnaval… La police a ainsi émis une sorte d’avis de recherche du propriétaire du doigt… C'est en fait un jeune homme de 21 ans qui avait perdu son doigt en descendant d’un gradin, après que sa bague se soit coincée dans une structure métallique du gradin, arrachant le doigt sur le coup… sans que le jeune homme ne s’en rende compte immédiatement (je vous laisse imaginer le degré d’alcoolémie de ce vainqueur). Il est donc rentré chez lui comme si de rien n’était, avant d’être en mené aux urgences pendant la nuit, constatant l’hémorragie… C’est la mère du propriétaire du doigt qui s’est manifestée, réclamant le doigt pour pouvoir l’enterrer.
Les années précédentes, d'autres accidents ont déjà eu lieu : des passerelles effondrées, une explosion de bonbonnes de gaz sur un stand de fortune de nourriture, des chutes mortelles depuis les gradins…
Bref, conseil : faites attention sur les gradins car ils ont tendance à se remplir + que de raison (manque de contrôle oblige, chaque gradin accueille de nombreuses personnes qui n’étaient pas prévues) et remuent parfois dangereusement… Et soyez toujours bien accompagnés!
Carnval d'Oruro / Fête de la Vierge de la Chandeleur de Puno : même combat?
Le Carnaval d’Oruro est très similaire dans son déroulé, ses danses (notamment la diablada, morenada, llamerada), ses costumes, ses chansons à la Fiesta de la Virgen de la Candelaria de Puno de son voisin péruvien, dont j'avais assisté à la 1ère partie (défilés + traditionnels des populations rurales) quelques semaines auparavant (cf article) - et qui a aussi une 2ème partie a priori très proche des samedi / dimanche du Carnaval d'Oruro, à base d'habits de lumières, de danse type morenada, caporales, diabladas et fanfares, appelée « trajes de luz ».
Logique, vu qu’à l’époque, ces deux pays appartenaient au même vice-royaume et que l’héritage culturel et les traditions des deux régions de l’altiplano andin sont très similaires...
Mais cela semble poser de gros problèmes à la Bolivie, accusant le Pérou (et notamment la Fête de la Vierge de la Chandeleur de Puno) de plagiat et de « leur avoir tout volé »… qui arborent à de nombreuses reprises pendant le Carnaval des pancartes « Danzas 100% bolivianas ».
J’ai ainsi senti un gros ressentiment vis-à-vis du Pérou, qui m'a semblé assez infondé : selon les experts, il est impossible d'attribuer la paternité des différentes danses et traditions + à l'un ou l'autre des pays, du fait de leur histoire et passer commun.
Bref, pas certaine que le Pérou soit vraiment le 1er ennemi à combattre quand on est bolivien, mais c’est une autre histoire ! Et ça ne m'a pas du tout empêché d'en profiter, vous l'aurez compris!
Si vous prévoyez de vous rendre en Bolivie en février ou en mars, ne manquez pas cet incroyable carnaval qui vous laissera bouche bée et vous impressionnera par son authenticité, témoin de la richesse et de la diversité des cultures, traditions et connaissances précolombiennes, parfait exemple de syncrétisme andin.
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